(fiscal 08-05 du 22/03/05)
Régime
d’exonération des plus-values professionnelles
Une instruction fiscale est venue commenter
l’ensemble du dispositif d’exonération temporaire des plus-values
professionnelles inséré par la loi d’août 2004 à
raison de la cession d’une branche complète d’activité ou
d’un fonds de commerce dont la valeur n’excède pas 300 000 €. Pour
rappel, cette mesure s’applique aux cessions intervenues entre le 16 juin
2004 et le 31 décembre 2005. L’instruction apporte certaines précisions
sur l’application de ce régime.
- Ce dispositif ne s’applique pas aux cessions de fonds de commerce
mis en location gérance ni aux cessions de biens immobiliers.
- L’administration retient la définition
de la branche d’activité mise en œuvre dans le cadre du régime
de faveur des apports partiels d’actifs. L’apport ou la vente doit comprendre
tous les éléments d’actif et de passif liés, directement
ou indirectement, à la branche (y compris les créances
clients et les stocks), ainsi que le personnel affecté à
l’activité apportée.
Il est admis toutefois qu’en cas de vente
d’une branche d’activité, le passif et la trésorerie ne
soient pas transférés.
- Attention : l’application de l’exonération est
refusée aux cessions de parts sociales. Cette solution a été
confirmée par une réponse ministérielle "Vachet"
du 8/02/05 concernant la cession de parts sociales d’une SARL soumise
à l’impôt sur les sociétés.
- S’agissant des cessions intervenues avant le 1er janvier
2005, l’administration se réserve la faculté de remettre
en cause l’exonération sur le fondement de l’abus de droit dans
les situations où l’opération a pour seule finalité
le refinancement de l’activité poursuivie par le même exploitant.
- Pour les cessions intervenant à compter du 1er
janvier 2005, l’administration exclut du bénéfice de l’exonération
les cessions lorsqu’il existe un lien de dépendance entre le
cédant et le cessionnaire.
- Le cédant, ou les personnes de sa famille, ne doit pas
exercer de contrôle dans l’entreprise qui achète après
la cession c'est-à-dire qu’il ne doit pas détenir, directement
ou indirectement, plus de 50 % des droits dans les bénéfices
sociaux ou des droits de vote.
Pour faciliter l’application de
cette exonération aux cessions des éléments d’une
entreprise individuelle, on considère la condition de cession d’une
branche d’activité satisfaite dès lors que l’activité
est poursuivie à l’identique par un tiers repreneur même si
seul le fonds de commerce est transmis, à l’exclusion du passif,
des stocks et des créances clients.
Il importe que le repreneur poursuive en fait l’activité
pendant un délai raisonnable.
Toutefois, le fait que le nouvel exploitant se trouve en cessation
des paiements et contraint de liquider l’entreprise six mois après
la reprise ne remettra pas en cause le bénéfice de l’exonération
accordé au cédant.
Cumul avec d’autres régimes
Ce dispositif est cumulable avec le régime d’exonération
des plus values des PME de l’article 151 septies du CGI notamment pour
les cessions d’immeubles.
Règle applicable aux
clients des restaurants : Déduction des frais supplémentaires
des repas
Parmi la clientèle des restaurants,
certains clients professionnels sont autorisés à déduire
de leurs propres revenus les frais de repas qu’ils exposent, notamment au
restaurant. Ainsi, les titulaires de BNC (professions libérales
etc) ainsi que les titulaires de BIC (commerçants) ont la possibilité
de déduire de leurs revenus les frais supplémentaires de
repas exposés régulièrement sur leur lieu de travail.
La valeur qu’ils peuvent déduire est fonction du prix payé
:
pour 2005, le prix maximum pris en compte pour un repas est de
15,50 €, seuil au dessus duquel la dépense est considérée
comme excessive.
(le montant déductible, pour le client,
est égal au prix effectivement payé, dans la limite de
15,50 euros, diminué d’un montant de 4,10 euros qui correspond
aux frais "normaux" de repas, non déductible). Cette information
peut être utile pour la fixation des prix de menus destinés
à cette clientèle (professions libérales, commerçants,
etc).
Modification
du régime d’exonération applicable aux entreprises implantées
dans les ZFU
Afin de mettre en conformité le
régime d’allègement d’impôt sur les bénéfices
en faveur des entreprises implantées dans les Zones Franches Urbaines
(article 44 octies du CGI) avec les règles communautaires, la
loi de cohésion sociale a modifié deux des conditions pour
pouvoir en bénéficier.
L’entreprise doit employer au plus 50
salariés au 1er janvier 2004 ou à la date de
sa création ou de son implantation si elle est postérieure
(et non plus, comme auparavant, pendant toute la période d’application
du régime).
Le franchissement de ce seuil au cours de la période d’application
est donc sans incidence.
Son capital ou ses droits de vote ne
doivent pas être détenus, directement ou indirectement, à
hauteur de 25 % ou plus, par une entreprise, ou conjointement par plusieurs
entreprises dont l’effectif salarié dépasse 250 salariés
et dont le chiffre annuel HT excède 50 millions d’€ ou le total
de bilan excède 43 millions d’€.
Le respect cumulatif des seuils d’effectif avec ceux liés
au chiffre d’affaires ou au total du bilan n’est plus exigé.
Exonération
d’ISF des titres reçus en contrepartie de certaines souscriptions
au capital de PME
Depuis la loi pour l’initiative économique
du 1er août 2003, les titres reçus en contrepartie
des souscriptions au capital de PME exerçant une activité
industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale bénéficient
d’une exonération d’ISF.
Les PME doivent répondre aux nouveaux critères communautaires
(moins de 250 salariés ; CA inférieur à 40 millions
d’€ ou total du bilan inférieur à 27 millions d’€ ; pas
détenues à plus de 25 % par des entreprises qui ne répondent
pas à la définition des PME).
Nouvelle définition
européenne des PME
L’Union Européenne utilise une nouvelle définition
des PME depuis le 1er janvier 2005 afin de coller aux réalités
des entreprises en tenant compte de l’inflation et de la croissance
de la productivité depuis 1996, date de la dernière définition.
Seuls les plafonds financiers ont été modifiés.
Les micro-entreprises ont moins de 10 salariés et moins
de 2 millions d’€ de chiffre d’affaires.
Les petites entreprises ont entre 10 et 49 salariés et moins
de 10 millions d’€ de CA.
Les moyennes entreprises entre 50 et
249 salariés pour un CA de - 50 millions d’€ et un total de bilan
inférieur à 43 millions d’€. Cette définition
s’impose au niveau national en matière d’aides d’Etat aux PME et
pour les fonds structurels européens.